La pomme sous toutes ses formes est à l'honneur tous les 2 ans le week-end de la toussaint à Wismes. Il y a 32 ans, en 1984 tout a commencé par une simple présentation de pommes. Aujourd'hui, la fête de Wismes, organisée sur trois jours, revendique près de cinq mille visiteurs. « Il n'y avait plus de ducasse dans le village. On a utilisé la pomme pour en faire notre fête locale », raconte son maire, Jean-Luc Hochart. Une culture de longue tradition dans la commune. « À la fin du XIXe siècle, Wismes était très connu pour cela dans les comices agricoles. « En 1960, on dénombrait pas moins de 2000 pommiers. Dix à vingt ans plus tard, il n'en restait plus que 6 ! » Parce qu'il a toujours baigné dans la culture de la pomme, « mes parents et grands-parents ont toujours fabriqué du cidre », précise ce dernier, Jean-Luc Hochart a décidé de refaire pencher la balance. Il a chaussé sa casquette de « pomologue », sourit-il, et a commencé à établir le recensement des variétés du canton. Professeur d'histoire au collège de Lumbres, il s'est plongé dans la généalogie des fruits, a remonté à leurs sources, les a comparés, a surmonté la difficulté de ces pommes semblables mais portant des noms différents. Avec quelques compagnons aussi mordus que lui, il a fait le tour de la région.

     

 

« Parfois, il restait un seul exemplaire d'une variété, on a parcouru jardins et pâtures pour les répertorier et les sauver. » Il est fier d'annoncer à qui veut bien l'entendre qu'il est l'heureux propriétaire de plus de 240 variétés et 2000 pieds de pommiers. « Et si je n'ai plus de terrain pour sauvegarder une espèce, je le plante sur le terrain de mon voisin ! »
Son ouvrage ne s'est pas arrêté là. Il a voulu faire de sa commune un site dédié à la pomme avec la création d'un verger conservatoire. « À chaque fois, qu'une pâture se libérait, on y a planté des pommiers », explique-t-il, en indiquant un terrain où subsiste le plus ancien représentant de l'espèce de la commune. « Wismes est très attaché à son paysage, c'est l'un des rares villages à avoir conservé son bocage », rappelle Jean-Luc Hochart, fervent défenseur du patrimoine.

La commune produit ainsi ses quatre tonnes de fruits pour alimenter sa fête en centaines de tartes, six cents pots de confitures, jus et autres produits dérivés. Près de trois cents variétés - en majorité des anciennes - en collaboration avec le centre régional des ressources génétiques de Villeneuve-d'Ascq y sont présentées. « En 1985, on me traitait de fou. Les variétés anciennes ne servent à rien, disait-on. Aujourd'hui, on ne jure que par elles. Notre fête est dans l'air du temps ! » Associations locales, parents d'élèves, artisans locaux sont mis à contribution pour participer à la manifestation.

Organisée tous les deux ans, la manifestation s’enrichit chaque fois de nouvelles animations. Pour les associations, la municipalité, l’objectif est d’organiser une grande fête avec tout ce qui fait la tradition paysanne. La pomme et le pommier sont prétexte à quantités d’étals et d’ateliers : ici une vente, là un concours de cuisine, plus loin des explications pour tailler et greffer. Et tout autour, toute la richesse de nos jardins, avec ses légumes qui rivalisent en taille, en poids, en forme… Un potiron de 200 kg, une betterave de 40 kg. Dans les concours on en voit de toutes sortes.

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À Wismes, les exposants (il y a des artistes peintres), producteurs et artisans (forgeron, tourneur sur bois, vannier…), ne sont pas en costume-cravate, et tous viennent de maximum 40 kilomètres à la ronde… Sauf bien sûr, les vignerons qui apportent leur touche. Le visiteur peut prendre son panier, il est sûr de le remplir.

En quelques années, Wismes est redevenu le village de la pomme. Avec le Centre régional de ressources génétiques, des vergers conservatoires ont été plantés et environ 250 variétés sont aujourd’hui dénombrées. L’idée est que chaque variété de pommier puisse retrouver son terroir d’origine.

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